Pourvu que 2026 ne soit pas l'année calamiteuse qu’ils sont tant à nous avoir annoncée et que l'actualité récente fait craindre.
Il est vrai que les situations internationale, française et occitane donnent à penser...
Ceux que nous avons vu naître au lendemain du second massacre mondial ont pu rêver autrefois, pétris d'humanisme, à toutes sortes de progrès sans fin. Hélas, les épidémies, les guerres, les misères qui semblaient avoir diminué un temps se sont de nouveau déchaînées… Heureusement, cependant, que la médecine et la technologie inventent continuellement et nous pouvons nous réjouir qu'ils progressent plus que la politique…
L'intelligence dite artificielle fait merveille et le Congrès sait la mettre au service de l'occitan. Néanmoins certains parmi les fondateurs de cette « intelligence » digitale ont peur de ce qu’elle peut amener : si elle n'est pas bien régulée, elle pourrait asservir, abrutir, diminuer l'intelligence humaine, donner plus de pouvoir à certains pour dominer les autres. Certains dictateurs en sont même à penser qu'ils vont pouvoir, en se faisant greffer de nouveaux organes pour remplacer ceux qui sont déchirés, devenir aussi vieux que Mathusalem, le grand-père de Noé... et grandir encore par la force leur empire. Pourvu qu’un nouveau Chaplin nous fasse un Le Dictateur et un Les Temps modernes d'aujourd'hui pour nous aider à en rire et à nous méfier…
Et l'occitan dans tout ça ?
Le rapport du Sénat sur la mise en œuvre de la loi du 21 mai 2021 « relative à la valorisation patrimoniale des langues régionales et à leur promotion » a bien montré que la loi n'était pas très appliquée et propose des réajustements intéressants. Pourvu que la paralysie politique actuelle ne tarde pas trop à la relancer. Pour Que Vivent Nos Langues dont le Congrès est membre va s'en préoccuper.
Certaines langues régionales comme le basque et le corse ont pourtant bien droit à des moyens spécifiques importants, mais la convention pour l'occitan qu'il a fallu trois ans pour mettre au point, pour deux régions seulement, n'est pas du tout à la hauteur des enjeux et des besoins. Elle ne présente aucun objectif précis et, pour le moment, n'offre aucun moyen spécifique pour pouvoir appliquer la loi. Il faut plaider dès maintenant auprès des élus et des collectivités pour que sa déclinaison académique soit plus volontariste. Nous pouvons nous prévaloir d'une opinion publique qui demeure favorable, les sondages l'ont encore dit récemment. En ce qui concerne l'unité et le nom de l'occitan ou langue d'oc, le ministère de l'Éducation a de nouveau brouillé le nom de l'ensemble occitan et de ses variétés comme s'il n'y avait aucune unité. Il a fallu par plus d’un biais rappeler les bonnes dénominations. Il faut se réjouir que l'AIEO (Association internationale d'études occitanes), ait écrit pour cela au Ministère.
Le Congrès pour sa part, comme décidé au dernier Conseil d'administration, a aussi demandé le rétablissement des noms définis par la loi Deixonne, le rapport Cerquiglini de 1999 et les concours du Capes et de l'agrégation d'occitan-langue d'oc, nom qui a le mérite d'être fédérateur.
Malgré ce contexte difficile, le Congrès, avec le soutien des collectivités territoriales et du ministère de la Culture, a bien mené en 2025 son travail fondamental de production de matériel linguistique au service des usagers, et va le poursuivre en 2026. De nouvelles applications ont été créées comme par exemple le Vèrbòc qui a maintenant intégré l'occitan limousin ainsi que des jeux pour faciliter l'acquisition. Plusieurs sont en préparation : la réalisation de la plateforme linguistique (Dictionnaire général informatisé de la langue occitane) et toponymique (en partenariat avec l'IGN) va avancer en 2026. Les progrès réalisés par le programme Linguatec-IA, ressources, technologies et IA pour les langues du Pyrénées ont été présentés le 7 novembre à l'université de Toulouse-Jean Jaurès et vont être renforcés en 2026.
Nous avons une équipe vaillante et motivée que je tiens à remercier et nous coopérons avec d'autres associations et organismes comme l'OPLO, le CIRDOC, l'université et bientôt avec l'IEO pour la toponymie. Nous coopérons aussi avec des partenaires aranais, catalans, aragonais et basques (Consortium transfrontalier Linguatec-IA).
Pour conclure je vous dis donc :
Plan bona annada,
de jòia e santat acompanhada,
amb la lenga nòstra als pòts
lo mai que se pòt.
(Très bonne année,
de joie et de santé accompagnée,
avec notre langue aux lèvres
le plus possible.)
Gilbert Mercadier
Président du Congrès permanent de la langue occitane