Lettre de liaison :

Le Conseil des usagers

Conselh deus usatgèrs deu Congrès

« Vous connaissez les outils linguistiques mis en ligne sur le site locongres.org. Mais Lo Congrès, c'est aussi un outil de régulation de la langue qui a pour but de produire les normes que les usagers doivent suivre. Pour cela, il s'appuie :

  • sur l'aide d'un Conseil linguistique qui rassemble des linguistes de toutes les régions d'Occitanie (cf. les statuts)
  • sur l'autre chambre du Congrès qu'est le Conseil des usagers. Il a pour but de rassembler et de rapporter le point de vue de ceux qui utilisent la langue, notamment au quotidien.

Deux conseils ?

Et oui, nous pouvons remercier ceux qui ont pensé, au moment de la construction du Congrès, qu'il fallait considérer et se faire le relai et l'écho de la voix des usagers.

Nous avons fait du chemin dans la définition du rôle du Conseil des usagers et de ses relations avec Lo Congrès et son Conseil linguistique, et nous avons inventé une manière de faire qui change de ce qu'on a vu jusqu'à présent dans le domaine de l'occitan et de l'occitanisme : le Conseil linguistique n'est pas là pour donner des leçons aux élèves apprivoisés du Conseil des usagers. Ce conseil a un rôle bien plus actif pour questionner, aiguiller et porter la voix de ceux qui sont chaque jour confrontés à l'emploi et à la transmission de l'occitan.

Les usagers ont des besoins concrets en matière de norme linguistique et de lexiques ; le rôle du Conseil des usagers est d'interpeller Lo Congrès et son Conseil linguistique et de contribuer à établir les priorités.

Des principes ?

Ce mot, nous voulons l'utiliser pour donner un cadre à notre façon de faire, et non pas pour énoncer des précèptes moraux immuables.

La langue occitane est dans un état alarmant : elle ne se transmet plus à la maison, depuis un moment, et l'offre publique de transmission à l'école ou dans les médias est plus qu'anecdotique.

Ceci posé, les discussions sur la norme orthographique occitane ne doivent pas faire oublier que, globalement, nous avons une norme graphique qui fonctionne. Le problème de socialisation de la langue ne vient pas d'une absence de norme. C'est l'absence de socialisation qui peut être la cause de l'absence de norme claire pour quelques points.

Quatre pistes pour avancer

Simplification : il faut que les règles soient digestes, éviter l'accumulation d'exceptions. Nous constatons une dichotomie entre étymologie et usage dont souffre l'enseignement de la langue. Nous demandons à avoir une approche de la langue qui soit plus synchronique que diachronique.

Nous considérons que la langue, avec ses variantes, doit avoir une cohérence interne, sans avoir besoin de renvoyer à la langue source (le latin). Il ne nous faut pas perdre de vue que les apprenants n'entendent plus la langue à la maison, pour la plupart, ils sont très influencés par le français, surtout, et ils doivent apprendre très vite, parfois ; ceci oblige à une certaine exigence pour ce qui est de l'efficacité.

La relation graphie-phonieelle peut être source d'erreurs et participe à répandre une phonologie parfois catastrophique.

Valoriser le commun, mais respecter et transmettre les variantes locales : il est très compliqué de savoir où positionner le curseur entre cultiver les localismes et développer un standard. Il faut trouver une manière de normer et développer une langue institutionnelle, mais nous ne devons pas priver les gens de la gymnastique enthousiasmante qu'est l'effort d'aller vers la compréhension des variantes de l'occitan. Communiquer dans une langue trop générale, c'est se priver de faire goûter aux gens la magie de l'intercompréhension occitane.

Exigence et tolérance : l'important, c'est de diffuser la langue et de ne pas dramatiser. En ayant toujours conscience de la situation sociolinguistique de la langue, très minorisés, nous avons un devoir d'exigence avec ceux qui ont une pratique assez courante et à la fois un devoir de tolérance avec ceux qui ont une pratique plus ponctuelle.

Comment aller de l'avant ?

Le Conseil des usagers représente aussi les utilisateurs des outils construits et mis à disposition par Lo Congrès.

Il recense les erreurs ou points perfectibles afin de gagner en efficacité et en qualité.

Patrici Baccou, pour le bureau du Conseil des usagers, janvier de 2018

Le bureau deu Conseil des usagers :

  • Président : Patrici Baccou (directer du centre APRENE)
  • Vice-président : Cedric Valmary (directeur du CFPO Mieidia-Pirenèus)
  • Secrétaire : Joan Breç Brana (responsable du pôle langue et société à l’InÒc Aquitània)