Vœux du président du Congrès permanent de la lenga occitana pour 2021

Vœux du Congrès pour 2021

Chers administrateurs, chers conseillers,

Chers acteurs et usagers du Congrès,

Chères amies, chers amis de notre langue.

Bien sûr, 2020 a été une bien piètre année pour la santé et l’économie du pays mais aussi pour la langue et la culture occitanes qui ont souffert du confinement, d’une vie sociale et culturelle bien diminuée et des mesures qui lui portent préjudice, principalement dans l’enseignement. Cette mauvaise passe semble bien vouloir s’étendre sur 2021… Pourvu que la nouvelle année soit meilleure que l’an passé !

Le marasme n’a pas empêché Lo Congrès de travailler et je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à ses missions, à commencer par l’équipe des permanents mais aussi les conseillers, partenaires et bénévoles qui ont porté leur contribution compétente et précieuse.

De nouvelles ressources ont été mises en ligne : dictionnaire des noms propres, dictionnaire des locutions, corpus du Congrès, phonétiseur, etc.

Le Dictionnaire toponymique des communes de Dordogne, coédité avec la section Novelum de l’IEO et une nouvelle édition du Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes de Simin Palay ont été publiés.

Lo Basic, lexique orthographique et référentiel français-occitan étendu aux grandes variétés de l’occitan est en marche, en cours de relecture, pour une mise en ligne au printemps.

Le conjugueur de l’occitan limousin sera bientôt achevé.

La réalisation du Diccionari general de la lenga occitana, tout en occitan, œuvre majeure de référence et de régulation, sous la direction de Patrick Sauzet, président du Conseil linguistique, est bien amorcée. Il s’agit d’un travail de longue haleine et nous espérons qu’il sera pris en compte par le Contrat de plan État-Région (CPER) à venir.

Concernant le TAL (traitement automatique des langues) et la feuille de route du numérique, le projet Linguatec a bien avancé avec l’enregistrement et le traitement des données pour la synthèse vocale et le formatage des ressources pour le traducteur automatique occitan-français. Un article scientifique sur ce travail a été retenu par le prestigieux Congrès LREC (Language Ressources and Evaluation Conference) de Marseille.

Le programme de développement de la reconnaissance vocale pour l’occitan et l’aragonais (ReVOc) en partenariat transfrontalier avance également. Un corpus massif est enrichi avec des producteurs de contenu (maisons d’édition, radios, télévisions, particuliers…) et une plateforme contributive est en ligne. Elle sera d’une grande utilité pour de nouvelles recherches et productions.

Compte tenu des mesures régressives qui menacent l’occitan dans les médias et l’enseignement, lo Congrès, bien que cela ne soit pas sa mission première, a mené en 2020 (et poursuivra en 2021) des actions et des démarches pour défendre nos droits, principalement pour l’enseignement en lien avec les élus, les institutions et le collectif Pour Que Vivent Nos Langues.

2020 a été l’année de tous les dangers pour l’occitan avec la menace sur l’enseignement mais aussi les difficultés de tout ordre des associations de promotion de l’occitan, difficultés accrues par la crise sanitaire et économique.

Toutefois, l’année s’est terminée par deux bonnes nouvelles, un espoir :

- Les sénateurs ont voté le 10 décembre à une large majorité la proposition de loi « relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion ».

Le débat a été d’une grande qualité. Les inepties habituelles que l’on entend dans ce genre de débat ont fait défaut cette fois-ci. Les groupes de députés favorables, quelle que soit leur famille politique, s’étaient entendus pour réussir et ont remis des articles qui avaient été exclus en première lecture par les députés, sous la pression du gouvernement, il faut bien le dire, qui ne semble pas savoir que le candidat à la présidence et son parti En Marche ! avaient fait savoir à la fin de la campagne de 2017 qu'ils étaient pour une loi et un statut en faveur des langues régionales et de leur transmission, tout un programme... Un article ajouté par le Sénat permettrait, s’il passait, une offre généralisée d’enseignement… À présent, pour passer du rêve à la réalité, reste à mener la tâche de convaincre une majorité de députés comme l’ont été une majorité de sénateurs…

- les conventions État-régions pour l'occitan, prévues par la loi, ont enfin été signées par les académies de Toulouse et Montpellier avec la région Occitanie.

Une bonne chose, mais il faut bien dire que c'est avec 3 ans de retard, qu'il n'y a toujours rien pour le Levant  et pour le nord de l'Occitanie et qu'avec les mesures nationales mortifères, ce ne sera pas simple d'atteindre les objectifs...

Cette année, la mobilisation unitaire de tous est donc plus que jamais indispensable pour sortir l’occitan de l’embarras. L’amoindrissement de la pandémie, cantonnée à son tour par la vaccination, nous permettra de nous faire entendre à nouveau. Le débat final de la proposition de loi et les élections seront à nouveau un moment pour ce faire. Ce sont des occasions qu’il ne faudra pas manquer !

En plus de souhaiter à chacun la bonne année et surtout la bonne santé, souhaitons-nous donc du courage pour une forte mobilisation et, espérons, une loi et les moyens d’un avenir pour notre langue.

Nous en reparlerons.

Gilbert Mercadier,

président du Congrès permanent de la lenga occitana