Lettre de liaison :

Eléments de langue occitane

L'apostrophe

Quelle place pour l'apostrophe avec les pronoms conjoints ?

Arrestacion

« Que ns’arresta »

L'apostrophe est en occitan le signe graphique de l'élision : « l’aucèl », « l’aventura », « l’òme »… Pour les pronoms conjoints, l'emploi est souvent également sans problème : « l’ai vist » / « que l’èi vist » ; « t’agrada » / « que t’agrada » ; « s’acuolar », « s’endevenir », « s’informatizar », « s’espatarnar » / « espatarnà’s ». Quand le pronom adverbial « ne » se trouve en combinaison avec un autre pronom, cela peut être un peu plus compliqué : « me’n chauti » – « se’n va » mais « se n’anar ».

En occitan gascon, il faut prendre en compte l'énonciatif. Quand le verbe commence par une voyelle, nous avons : « que t’aimi », « que t’ajuda », « que ns’arresta »… Quand il commence par une consonne, nous avons : « que’m balha », « que’t pòrta », « que’ns muishan »… Pour faire court, nous dirons que, entre l'énonciatif et le verbe, ce dernier est « prioritaire » pour recevoir l'apostrophe ; donc, il ne faut pas écrire : *« que’t aimi », *« que’m ajuda »…

Chaque langue a ses particularités et la place de l'apostrophe avec l'emploi des pronoms en est une. Briomborion peut-être, convention graphique pour sûr et il nous faut la respecter. Vous ne voulez pas vous faire apostropher pour une apostrophe, non ?

Andriu Bianchi, membre du Conseil linguistique du Congrès

Bibliographie :

  • Gramatica occitana d'Alibèrt
  • Gramatica de l'occitan gascon contemporanèu de Romieu & Bianchi

En partenariat avec La Setmana