Lettre de liaison :

Eléments de langue occitane

A propos de quelques accords...

Comment faire l'accord quand un nom singulier de sens collectif est employé comme sujet ?

Coda l'i sega

« Mei d’un qu’èran arribats en retard »

Quand un nom singulier de sens collectif est employé comme sujet, le verbe est mis au pluriel : « Lo monde que trobaràn tostemps qué díser ». C'est également le cas quand un tel nom est suivi d'un complément déterminatif : « Ua pièla de paletas qu’encombravan l’entrada ».

Bien qu'ils soient au singulier, les indéfinis « bèth un », « bèra ua », « mantun », « mantua » sont suivis d'un verbe au pluriel car ils représentent une pluralité : « Bèra ua que s’èran estangadas au ras de l’arriu ».

Avec le pronom complexe « mei d’un », « mei d’ua » – formé avec l'adverbe de quantité « mei » suivi de l'indéfini « un », « ua » –, l'accord du verbe se fait au pluriel, car il renvoie explicitement à un pluriel : « Mei d’un qu’èran arribats en retard ».

En languedocien, la grammaire de L. Alibèrt préconise l’accord au pluriel avec les noms de sens collectif, avec les indéfinis « mantun », « mantuna » et « mai d’un », « mai d’una » : « Un molon de libres cobrissián lo burèu », « Mai d’un an pas comprés aquò ».

C'est un fonctionnement simple et logique.

Maurici Romieu, vice-président du Conseil linguistique du Congrès

Photo : Esby

En partenariat avec La Setmana