Eléments de langue occitane

Les verbes en -ir 1

Bastir

D'où viennent les verbes inchoatifs ?

« Que basteishi / Bastissi »

En latin, sur certains verbes, des dérivés étaient formés avec le suffixe inchoatif /sc/ qui marquait le début d'un processus ; ainsi, le verbe « florescere » (« commencer à fleurir »), formé sur le verbe « florere » (« fleurir »)…

Cette formation concernait les verbes dont le radical était suivi d'une voyelle /a/, /e/, /i/ : « amascere » sur « amare » (« aimer »), « senescere » sur « senere » (« être vieux »), « sentiscere » sur « sentire » (« sentir »)…

En latin tardif, ces formations se sont développées mais elles ont perdu leur sens inchoatif ; la formation en /-ascere/ a disparu ; on n'a conservé que les formations en /-escere/ et /-iscere/ : le vocalisme préssuffixal /e/ s'est généralisé en gascon : « que basteishi », le vocalisme /i/ en languedocien et provençal : « bastissi ».

La plupart des verbes en /-ir/ se conjuguent de cette manière, mais quelques-uns comme « obrir », « partir », « sentir »… peuvent être conjugués sans le suffixe /-ish-/ o /-ss-/ : « que senti… » ; « senti… ».

Pour les verbes en /-ir/ du type « bastir », on ne parle pas de « conjugaison inchoative » mais plutôt de « conjugaison suffixée ».

Maurici Romieu, vice-président du Conseil linguistique du Congrès

Photo : Jamain

En partenariat avec La Setmana